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Des valeurs clés en Alsace


Avertissement au lecteur :

Les données d’émissions du secteur Industrie affichées dans les tableaux de valeurs clés régionales, ainsi que dans les tableaux d’évolutions par polluants, sont des données reconstituées, prenant en compte les résultats des études récentes (notamment les évaluations d’émissions diffuses), ainsi que les données des inventaires annuels de l’ASPA dont les méthodes et facteurs d’émissions sont adaptés périodiquement pour intégrer les nouvelles connaissances. Les données retenues peuvent différer, de ce fait, d’un certain nombre de valeurs « brutes » déclarées dans la base GEREP.

Effet crise?

La crise économique actuelle est à l’origine d’une baisse indiscutable de la production à l’échelle de la région alsacienne. Cette baisse de production a inévitablement entraîné une baisse de la consommation des combustibles fossiles mais aussi par la même occasion une baisse substantielle des émissions de polluants atmosphériques. Cette diminution conjoncturelle des émissions ne doit cependant pas occulter les efforts réalisés par le secteur industriel, qui continuant d’améliorer son outil de production, réduit aussi progressivement les émissions de polluants.



Polluants généraux (en tonnes/an)


Polluant

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

SO2

10110

9650

7600

6600

5730

5720

5270

4712

4277

NOx

10150

10270

10760

10280

9517

8530

8428

8066

7527

COV

22700

21300

20700

19300

18440

13870

13817

13391

11065

Poussières totales (TSP)

4600

***

***

3900

3980

3510

3720

3820

3466


PRR Reichstett
cliquez pour agrandir l'image PRR Reichstett

*** valeurs en cours de réajustement par l’ASPA.

Les émissions industrielles de dioxyde de soufre (SO2) ont considérablement diminué, réduites de près de 55% depuis 2001 (année de référence de la directive sur les plafonds nationaux d’émission), grâce à la mise en œuvre d’un plan de réduction par la raffinerie PRR Reichstett (Petroplus Raffinage Reichstett, ex-CRR) et aux évolutions énergétiques, conduisant à une utilisation accrue dans les installations de combustion de fioul lourd à basse teneur en soufre, puis de gaz naturel en proportion croissante. Durant la même période, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont été réduites d’un quart, en particulier du fait de la mise en conformité réglementaire des installations d’incinération et de la mise en place de meilleures techniques disponibles (brûleurs bas NOx, systèmes déNOx des fumées) dans les procédés de fabrication du secteur chimie-parachimie. L’estimation de la réduction des rejets de poussières (ou particules en suspension), dont la part diffuse est à ce jour mal appréhendée, est de l’ordre de 25%.


PRR Reichstett
cliquez pour agrandir l'image PRR Reichstett

Perspectives

La mise en conformité réglementaire des installations de raffinage avant 2010, devrait se traduire par des gains supplémentaires des émissions de dioxyde de soufre de PRR Reichstett. Plusieurs textes réglementaires fixent des normes de rejets en oxydes d’azote plus contraignantes avec des échéances s’échelonnant jusqu’en 2010. A compter du 1er Janvier 2008, les grandes installations de combustion (P>20 MW) doivent respecter une norme plus restrictive pour leurs rejets de SO2, de NOx et de particules. De plus, un renforcement de cette norme pour les installations de puissance supérieure à 50 MW est actuellement à l’étude, qui permettrait de rapprocher les niveaux d’émissions prescrits de ceux susceptibles d’être atteints grâce à la mise en œuvre des meilleures techniques disponibles1. De ce fait, le respect de la réglementation, bien qu’il ait déjà été anticipé pour un certain nombre d’établissements, devrait se traduire par des réductions supplémentaires des rejets des polluants primaires évoqués précédemment. Cependant, le maintien des émissions soufrées régionales au niveau actuel, ne pourra être garanti que par la maîtrise de l’utilisation de combustibles comme le gaz naturel ou le fioul à très basse teneur en soufre. Il est important de noter que l’effet de la crise économique accentue les baisses d’émissions de polluants constatées du fait du ralentissement de la production.

1Meilleures techniques disponibles figurant dans le BREF « Grande installations de combustion » publié en juillet 2006.

 


Substances dangereuses : COV spécifiques (en tonnes/an)


 

 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

Phrase de risque R40 :

Aldéhyde formique ou formaldéhyde ou formol

21

21

21

36

11

11

11

2

2

Dichlorométhane ou chlorure de méthylène

415

415

232

181

168

140

93

90

121

Tétrachloroéthylène ou perchloroéthylène

202

202

119

67

56

56

34

12

7

Trichlorométhane ou chloroforme

18

18

10

53

44

21

8

2

2

Phrase de risque R45 :

Acrylonitrile

3

3

3

3

3

8

4

2

5

Benzène

20

20

22

22

18

18

18

15

15

Trichloroéthylène

68

68

68

57

43

42

36

27

0

Phrases de risque R45 et R46 :

Butadiène

66

66

66

56

49

49

35

13

20

 


Les composés organiques volatils spécifiques présentant des risques importants pour la santé humaine (toxiques, susceptibles de provoquer des effets irréversibles, cancérigènes, mutagènes ou préjudiciables pour la reproduction) ont été réduits globalement de plus de 80% depuis 2000 et notamment à partir de 2004 avec l’engagement d’actes administratifs qui ont accru et accéléré la réalisation de plans de réduction. Ces réductions ont été obtenues grâce à des actions de substitution ou de suppression de produits et à la mise en place de dispositifs de traitement, par récupération (épurateurs à charbon actif) ou destruction (oxydation thermique). Des substances comme l’oxyde d’éthylène (phrases de risque R45 et R46) et le chlorure d’éthylène (phrase de risque R45) ou encore le trichloroéthylène (phrase de risque R45) ont ainsi été supprimées de procédés de fabrication. D’autres, comme le chloroforme, le perchloroéthylène et le formol, ont été réduites dans de très fortes proportions, allant jusqu’à plus de 90%.

L’augmentation des émissions de dichlorométhane est due à l’augmentation progressive depuis 2006 de la productivité d’Interdécaf qui avait été jusqu’à cette année atténuée par les efforts d’autres installations réduisant leurs émissions comme Johnson Controls en 2007. Interdécaf est actuellement en train de mener des actions afin de réduire ses émissions.

Perspectives

L’élaboration de bilans matières et de plans de gestion de solvants, conjointement à une meilleure connaissance des produits entrant dans les procédés de fabrication et des émissions diffuses, le développement accru de produits à faible teneur en solvants, devraient se traduire par des gains supplémentaires dans les années à venir, toutefois dans de moindres proportions.

Les émissions d’acrylonitrile devraient significativement baisser en 2009 (75 % des émissions) suite à l’installation en octobre 2008 d’un incinérateur chez Rohm et Haas.

 


Gaz à effet de serre "Industrie" / Protoxyde d’ azote N2O (en tonnes/an)


 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

N2O (PRG = 310)***

18000

18000

18500

16200

6300

7200

7800

7600

7261


*** PRG : pouvoir de réchauffement global

Les émissions régionales de protoxyde d’azote, estimées par l’ASPA de l’ordre de 8 900 tonnes en 2004, proviennent à près de 96% du secteur Industrie. Elles sont issues essentiellement (98%) des installations de Rhodia Opérations et Pec Rhin dans le Haut-Rhin, dont les rejets cumulés en 2008 atteignent 6 829 tonnes. Elles ont été réduites de près de 60% depuis 2003, principalement grâce à l’amélioration du fonctionnement d’ateliers adipiques et d’un échangeur du site Rhodia Opérations.

Perspectives

L’actualisation du Plan Climat fin 2006 a intégré le nouveau PNAQ afin de sécuriser le respect de l’objectif Kyoto sur la période 2008-2012. La France a demandé l’inclusion dans le périmètre de la directive « quotas GES », de certaines activités de la chimie émettant du protoxyde d’azote (N2O) à un niveau important, en raison de potentialités de réduction d’émission élevées pour un faible coût. Les activités concernées sont celles de production d’acide adipique, nitrique et glyoxalique et de glyoxal. En Alsace, les établissements Rhodia Opérations et Pec Rhin seraient concernés en cas d’application d’une telle extension de périmètre, toutefois non concrétisée actuellement.


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