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La prévention des risques accidentels dans les installations classées


L’analyse de risque, l’étude de dangers

A partir des potentiels de dangers, l’industriel doit analyser en fonction des conditions d’emploi des matières dangereuses (température, pression, débit dans les tuyauteries, etc.), les risques de voir un accident se produire. Cette étude se fait en deux étapes, appelées analyse de risque et étude de dangers.

L’analyse de risque est une revue de détails extrêmement poussée, qui permet de repérer les possibilités de défaillance accidentelle et de vérifier que les dispositions de sécurité adéquates existent.

L’étude de dangers consiste, à partir de l’analyse de risque, à expliciter quels enchaînements de défaillance mènent à des accidents majeurs. Elle en évalue la probabilité (fréquence annuelle), l’intensité (rayon d’effet) et la cinétique (les personnes présentes dans le rayon d’effet ont-elles le temps de se mettre à l’abri ?). Cette évaluation synthétique est une des pièces du dossier de demande d’autorisation.

Maîtriser le risque est l’affaire de tous : industriels, riverains, élus. Les conclusions de l’étude de dangers permettent à chaque acteur de prendre sa part du travail de prévention.

L’exploitant agit à travers un système de gestion de la sécurité, qui organise de manière rigoureuse l’exploitation des installations, leur maintenance, la vérification des dispositifs de sécurité. Il mène une politique de recherche permanente d’amélioration, basée sur le retour d’expérience, politique à laquelle est activement associé le personnel de l’entreprise : c’est la maîtrise du risque à sa source.

L’urbanisme doit prendre en compte un accident toujours possible : il faut éloigner les zones d’habitation des installations dangereuses. Depuis 1992, la maîtrise de l’urbanisation permet d’éviter les nouvelles constructions dans les zones exposées. Tirant les leçons d’AZF, l’objet des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) est de mettre en place dans les bâtiments existants les protections nécessaires à la sécurité des personnes en cas de feu, d’explosion, ou d’émission de nuage toxique. Dans les cas extrêmes, le plan peut prévoir d’exproprier les habitations les plus proches des installations dangereuses.

En Alsace, 14 plans de prévention des risques technologiques autour d’établissements SEVESO sont en cours d’élaboration. Le délai fixé par la loi du 30 juillet 2003 pour la réalisation des PPRT avait été sous estimé : le Ministère a redéfini des nouvelles échéances pour leur élaboration. Les exploitants ont remis leurs études des dangers qui sont en cours d’instruction par les services de la DRIRE.

Le site www.pprt-alsace.com dédié à la démarche d’élaboration des plans de prévention des risques technologiques en Alsace permet de suivre leur avancement.

Les pouvoirs publics doivent anticiper la réaction opérationnelle en cas d’accident : il faudrait alors mobiliser des moyens importants, pour maîtriser un incendie, secourir des blessés, avertir les riverains de la présence d’un nuage toxique. C’est l’objet des plans d’urgence interne et externe, basés sur les accidents décrits dans l’étude de dangers.

En cas d’accident, les riverains doivent , pour se mettre à l’abri, avoir les bons réflexes : sur la base des résultats de l’étude de dangers, une information leur est donnée régulièrement, par la distribution de plaquettes, mais aussi par la formation des responsables scolaires et l’organisation d’exercices.

L’ensemble de ces efforts doit être coordonné : c’est le rôle du CLIC, comité local d’information et de concertation, qui rassemble des riverains, des élus, des salariés, des exploitants et des administrations. Ces comités locaux sont informés de tous les évènements concernant les établissements (incidents , modifications, résultats annuels en matière de sécurité ; ils sont consultés sur la maîtrise de l’urbanisation, sur les plans d’urgence ; ils peuvent demander des expertises.

Le risque zéro n’existe pas. Mais les efforts de tous peuvent ramener les dangers liés à l’activité industrielle à un niveau acceptable.


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