La légionellose est une infection respiratoire provoquée par des bactéries vivant dans l’eau douce appelées légionelles qui prolifèrent entre 25°C et 45°C. Les infections qui peuvent être occasionnées par les légionelles sont de deux formes :
- une infection à caractère bénin, guérissant sans traitement en 2 à 5 jours. Le diagnostic de légionellose est rarement porté dans ces cas qui passent généralement inaperçus,
- une infection pulmonaire grave, entraînant le décès dans un peu plus de 15 % des cas, appelée maladie du légionnaire.
Dans ces deux formes, la transmission se fait par inhalation de fines gouttelettes d’eau (taille < 5 µm) contenant des légionelles.
La légionellose reste une maladie relativement rare mais médiatiquement sensible. L’incidence nationale se situe autour de 2 cas pour 100 000 habitants. Pour l’Alsace, l’incidence régionale était de 3,83 / 100 000 habitants en 2005 et de 3,72 / 100 000 habitants en 2006.
La surveillance de la légionellose a débuté en France en 1987 avec l’obligation pour les médecins de déclarer la maladie. Le nombre de cas déclarés est resté faible jusqu’au renforcement du dispositif de surveillance en 1997. Depuis cette date, le nombre de cas est en constante augmentation. Cette flambée statistique reflète en partie l’amélioration du système de surveillance grâce à l’introduction du test d’antigène urinaire et à une meilleure sensibilisation des professionnels de santé.
Les principales sources de légionelles sont des installations susceptibles de pulvériser des gouttelettes d’eau dans l’atmosphère :
- les réseaux d’eau chaude sanitaire (douches, bains à remous, fontaines décoratives...),
- les tours aéroréfrigérantes (TAR) à voie humide, installations permettant le refroidissement d’eau pulvérisée dans un flux d’air.
Les tours aéroréfrigérantes sont utilisées à des fins de climatisation dans des établissements tertiaires (hôpitaux, hôtels, bureaux…) ou industriels ; elles sont également présentes dans certains procédés industriels (installations de combustion, agro-alimentaire, chimie, papeterie...).
Le décret n°2004-1331 du 1er décembre 2004 soumet l’ensemble des tours aéroréfrigérantes (TAR) à la législation des installations classées (rubrique 2921 de la nomenclature).
Par ailleurs, les arrêtés ministériels du 13 décembre 2004 fixent les dispositions techniques que les exploitants de ces installations doivent respecter et les divers contrôles dont les TAR doivent faire l’objet. Ces dispositions sont applicables sans préjudice de dispositions plus contraignantes qui auraient pu être prises par des arrêtés préfectoraux. Elles prévoient, en particulier, des rythmes particuliers de fréquence des analyses de contrôles (mensuelles, bimestrielles ou trimestrielles) en fonction du niveau de classement (autorisation ou déclaration) des TAR.
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